« La législation drogues actuelle n’apporte rien de positif, modifions-la ! »

Quand pourrons-nous enfin laisser derrière nous cette loi drogues antique et mettre en place une politique drogues adaptée à la situation actuelle ? L’un des éléments d’une politique drogues moderne est la décriminalisation de l’usage et de la possession de drogues pour usage personnel.

Punir des personnes qui consomment une substance qui modifie leur conscience est déjà douteux en soi. Cela pose encore davantage question lorsque c’est le cas pour telle substance, et pas pour telle autre.

Pour la plupart des personnes, la consommation de substances psychotropes ne pose pas de problème. Nombreux sont les gens qui parviennent à se contrôler quand il s’agit de substances ou de comportements comme par exemple les jeux de hasard. Une minorité des personnes qui consomment des substances rencontre cependant des problèmes, perd le contrôle et tombe dans l’addiction. Si ces personnes consomment des substances qui sont actuellement classées illégales, elles peuvent en outre faire l’objet d’une amende ou d’une sanction. Lorsqu’il s’agit d’un produit légal, on ne leur cherche pas de poux et les réactions peuvent même être compréhensives, voire compatissantes.

Cette différence de traitement est injuste et totalement inadaptée. La consommation de toutes les substances psychoactives doit être sortie du droit pénal, tant pour celles et ceux qui en tirent du plaisir que pour les personnes qui, au-delà de l’usage récréatif, se sont retrouvées dans une consommation problématique ou dans l’addiction.

Le mieux c’est de ne pas consommer de substances, et une prévention basée sur une information claire et précise est dès lors souhaitable. Les personnes dont l’usage est problématique ne doivent pas être punies, mais ont le droit d’être aidées. Cette aide doit être facilement accessible et être définie de manière individuelle et différenciée.

Punir la consommation de substances ne bénéficie à personne. L’effet préventif ou dissuasif d’une loi répressive est quasi nul. Les amendes ou les parcours de soins obligatoires n’empêchent pas les gens de consommer. La répression est stigmatisante, tant pour les consommateurs que pour leur entourage. Pire, ils subissent une double peine à cause de l’inscription au casier judiciaire, ce qui ne favorise en rien un nouveau départ par la suite.

De plus, l’investissement de l’appareil judiciaire pour faire respecter la loi drogues est astronomique et ne rapporte pas grand-chose à la société. Au contraire, il soustrait des moyens aux poursuites contre les comportements criminels graves.

Par conséquent, supprimons la législation drogues actuelle, car elle n’apporte pas grand-chose de bon. Il est plus que temps de rédiger une nouvelle loi, et surtout de définir une nouvelle politique en matière de consommation de substances. Au parlement de prendre la main.

Tino Ruyters, directeur de la Free Clinic asbl (Anvers), administrateur de Smart On Drugs

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