Les jeunes ne consomment pas des drogues uniquement parce qu’elles sont disponibles

La loi se focalise sur la dangerosité du produit (quoique…). Or, c’est le comportement vis-à-vis des substances (usage occasionnel, récréatif, abus, dépendance) et non les substances elles-mêmes qui sont le véritable enjeu de la prévention des addictions.

Les travaux de Line Beauchesne, professeure agrégée du département de criminologie de l’Université d’Ottawa, pointent la faiblesse des programmes de prévention axés uniquement sur l’abstinence et/ou le fait de savoir dire « non » aux drogues, sur la présentation du potentiel toxique des drogues, ou encore sur la perception des consommateurs de drogues comme des personnes à problèmes. Ces actions sont pour la plupart stigmatisantes, souvent ponctuelles, et elles témoignent du fossé existant entre l’idéologie et le vécu des jeunes.

Les motivations à consommer sont éminemment multiples et il importe de prendre en compte cette diversité. Il faut cependant souligner qu’à l’adolescence, le nombre de jeunes qui consomment parce qu’ils sont mal dans leur peau est relativement faible ; au contraire, ces derniers auraient plutôt tendance à s’isoler et à consommer moins que les autres. En fait, la plupart des jeunes consomment plutôt pour répondre à des motivations “positives” : besoin d’expérimenter, de socialiser, de rechercher du plaisir, de la détente…

La consommation de drogues, licites ou illicites, relève d’une interaction entre le produit, la personne et l’environnement, rapport qui s’inscrit dans des modèles socioculturels. Il se trouve que chez nous, les principales drogues consommées sont l’alcool et le tabac. Mais elles ne sont pas les seules pour autant.

Triangle multifactoriel de Claude Olievenstein
Triangle multifactoriel de Claude Olievenstein

C’est ainsi que dans l’élaboration d’un programme de prévention d’abus des drogues pour les jeunes, il faut présenter les modèles socioculturels de consommation de drogues, discuter de l’ensemble des motivations à consommer, de même qu’échanger sur les différents usages (« durs » et « doux ») des produits (légaux et illégaux) que les jeunes seront le plus susceptibles d’expérimenter.

Sans tabou !

En savoir plus

Les cahiers de Prospective jeunesse, – Vol 2 – n°3 – 3e trim. 97

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