«Le cannabis est la seule chose qui me permet de dormir convenablement»

Je m’appelle Jeff, j’ai 70 ans, et je suis consommateur de cannabis depuis plus de 50 ans. Les premières années, ma consommation était surtout « récréative », et je ne consommais pas tous les jours. Mais ces 20 à 30 dernières années, j’ai consommé presque tous les jours, car j’ai un problème de sommeil. Le fait que je travaillais en rotation à la SNCB ne faisait qu’aggraver le problème.

J’ai d’abord consulté à ce sujet un neurologue de Zoersel. Ce dernier conseillait à ses patients qui avaient ce problème-là de consommer du cannabis, mais il ne pouvait pas le leur prescrire. De plus, il était convaincu que j’avais un biorythme plutôt nocturne que diurne. Quelques années plus tard, j’ai fait un test du sommeil à l’hôpital universitaire d’Anvers. J’y suis resté 2 nuits, je ne pouvais rien « consommer », et je devais me coucher à minuit, ce qui était contraire à mes habitudes. Sur ces deux nuits, j’ai eu un sommeil profond de 4 minutes au total (il faut savoir qu’avec un rythme de sommeil normal de 8 heures, l’être humain bénéficie en moyenne d’un sommeil profond d’au moins 2 heures !). Ils ne pouvaient rien faire pour résoudre mon problème. Sur leurs conseils, j’ai pris du Stilnoct, car je pensais que mon problème était l’endormissement, ce qui n’était pas le cas.

Au départ, j’achetais mon cannabis aux Pays-Bas. Mais lorsqu’ils ont introduit le « wietpas » (qui limitait l’achat de cannabis aux seuls résidents néerlandais, ndlr), j’ai pris contact avec Trekt Uw Plant (TUP, un cannabis social club, ndlr). Après l’entretien d’accueil avec feu Joep Oomen, j’ai été admis au club. TUP allait bien vite devenir une asbl, et il fallait 3 membres pour siéger au conseil d’administration. Vu que personne ne levait le doigt, je me suis porté candidat. J’ai donc siégé au conseil d’administration, mais un peu « à distance ». Je n’étais donc pas du tout au courant de ce qui se tramait quand j’ai lu dans le journal qu’Els Vermeersch avait été arrêtée et était en prison. J’ai alors immédiatement démissionné.

Depuis lors, TUP a été condamné et dissous. Pour moi, c’est une bourde monumentale ! Quand on compare ça aux Pays-Bas, où des bandes criminelles livrent en catimini du cannabis traité aux pesticides, à certains États des États-Unis où c’est devenu une industrie (avec tout ce qui s’ensuit), et à l’Espagne où les cannabis social clubs ne semblent pas très transparents, il me semble que TUP était un exemple de bonnes pratiques ! Lors des assemblées générales et des bourses d’échange, j’ai vu de nombreux membres, mais personne n’est jamais arrivé dans une grosse Mercedes. Et je suis absolument certain qu’aucun membre de TUP n’a jamais lancé de grenade dans les rues.

Je crains que nous n’ayons été condamnés à cause de tout le temps et l’argent qui avaient déjà été consacrés à l’enquête et au procès, et qu’ils auraient perdu la face si tout le monde avait été acquitté. Car tous nos documents étaient libres d’accès et publics, et je ne sais toujours pas vraiment pourquoi des administrateurs et des cultivateurs ont été condamnés.

TUP était un exemple de bonnes pratiques, et à mon avis c’était une bêtise énorme de saboter ce projet !

J.V., Anvers

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