A l’étranger, la décriminalisation avance à grands pas

Si le Portugal s’est posé en pionnier absolu en décriminalisant l’usage de toutes les drogues dès 2001, les initiatives en ce sens, totales ou partielles, semblent se multiplier ces derniers temps. Un tour d’horizon.

Fin 2020, en marge de l’élection présidentielle aux États-Unis, les électeurs de l’Oregon ont voté à plus de 55% en faveur d’une décriminalisation de la détention et de l’usage de toutes les drogues. Depuis le 1er février 2021, la détention de petites quantités de substances illicites y est tout au plus sanctionnée par une amende, et les contrevenants sont mis en contact avec des services de soutien sanitaire et social, dont l’accès est désormais largement facilité. Ces services sont financés d’une part par les revenus de la taxe sur le cannabis, qui est entièrement légalisé en Oregon depuis 2017, et d’autre part par les économies réalisées dans les secteurs policier et judiciaire.

L’Oregon devient ainsi le premier État américain à appliquer une décriminalisation totale pour l’usage personnel, mais il ne sera sans doute pas le dernier. Un projet de loi sera lancé prochainement dans le Vermont, directement inspiré de la décriminalisation en Oregon. Et de manière inédite et inattendue, la Cour Suprême de l’État de Washington vient d’annuler, le 25 février 2021, la disposition légale punissant la possession de drogues, instaurant ainsi une décriminalisation de facto. Ailleurs aux États-Unis, la préférence est donnée à une décriminalisation plus limitée qui concerne uniquement les substances psychédéliques, qui ne sont pas addictives et possèdent des vertus thérapeutiques prometteuses. Plusieurs villes, dont Washington DC, ont voté la décriminalisation de la détention de psychédéliques ces dernières années, et un projet de loi a été introduit en ce sens en février 2021 pour toute la Californie.

Au Canada, la pression exercée sur le gouvernement en faveur d’une décriminalisation se fait de plus en plus forte. Dans certaines provinces comme la Colombie-Britannique, le nombre de décès par overdose dépasse celui du Covid-19 et des homicides. Devant cette urgence, les villes de Vancouver, Toronto et Montréal, mais aussi l’Association canadienne des chefs de police et l’administration de la santé publique demandent instamment au premier ministre Justin Trudeau d’envisager de décriminaliser la détention de drogues pour usage personnel afin faire diminuer la stigmatisation des usagers et de baisser le seuil d’accès aux soins.

Plus près de chez nous, en Norvège, c’est également la décriminalisation de toutes les drogues qui est à l’ordre du jour. Le 19 février, le gouvernement libéral norvégien a présenté son plan autorisant la détention de petites quantités de drogues pour usage personnel. “La répression contribue à la stigmatisation et à l’exclusion sociale. Nombreuses sont les personnes qui n’osent pas demander d’aide pour leurs problèmes, de peur d’être punies,” a déclaré Bent Høie, le ministre norvégien de la Santé. Comme au Portugal, les personnes contrôlées en possession de petites quantités de stupéfiants seraient orientées vers une commission d’orientation chargée de déterminer l’éventuelle nécessité d’un traitement. Cependant, le gouvernement libéral norvégien est minoritaire au Parlement, et le plan risque de subir des amendements en vue d’être accepté par une majorité des parlementaires.

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