La Réduction des Risques, une alternative à la criminalisation des usagers

Alors que les lois prohibitionnistes instaurent une tolérance zéro et ont pour but d’éliminer totalement l’usage de produits psychoactifs, force est de constater qu’une société sans drogues n’existe pas : à travers l’Histoire, toutes les communautés humaines ont eu recours, à un moment ou un autre, à des psychotropes pour des fonctions sociales, religieuses, ou thérapeutiques.

man and woman holding hands on street
Photo : Rémi Walle

Pour faire face à la logique du « tout répressif » de la loi de 1921, une poignée d’activistes composée d’usager∙e∙s de drogues et de professionnel∙le∙s de santé développent à partir des années 80 une stratégie alternative ; ainsi naît la Réduction des Risques, ou RdR pour les plus initié∙e∙s. Celle-ci se développe en parallèle de la pandémie du VIH/SIDA, qui décime des communautés entières, et en particulier les personnes injectrices. Les seules alternatives sont alors la prison ou l’abstinence.

La RdR, c’est avant tout la volonté de donner à des personnes usagères de drogues la possibilité de prendre soin d’elles sans juger leurs pratiques et leurs modes vies, en les écoutant et surtout en les impliquant dans les décisions qui les concernent. Basée sur une approche fortement différente de celle des pouvoirs publics, elle met du temps à être reconnue comme méthode d’intervention valable et légitime.

Pourtant, cette approche de santé publique fait ses preuves très rapidement. Sortir du paradigme de l’abstinence comme seule interaction possible avec une personne héroïnomane, et la soutenir plutôt dans son parcours de vie et ses pratiques en lui proposant, par exemple, du matériel propre et stérile pour éviter les contaminations par les virus du VIH et de l’hépatite C, ou encore un traitement de substitution, permet d’avoir des résultats plus concrets et plus durables !

La RdR est aujourd’hui reconnue par toutes les instances nationales et internationales comme une stratégie de santé publique majeure pour gérer au mieux les mésusages de produits psychoactifs, de l’alcool au tabac en passant par les opiacés. Pourtant, la logique de prohibition continue d’être celle en vigueur dans la majorité des pays, dont la Belgique, avec pour conséquence un sous-financement des structures de RdR, d’accompagnement, de suivi ou encore de prévention, et une entrave à la mise en place de politiques audacieuses qui permettraient à la société dans son ensemble de vivre mieux.

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