La politique drogues actuelle ne protège ni les enfants ni les personnes vulnérables

Répartition des dépenses publiques entre les piliers (moyenne sur 2014-2015) de la politique drogues en Belgique. Tableau de bord Eurotox 2020. Source : Cellule Générale Politique Drogue

Si l’on examine la nocivité des substances psychotropes, on se rend compte que la nocivité, la toxicité et les risques liés à l’alcool sont comparables à ceux liés à des drogues illégales comme la cocaïne et l’héroïne de mauvaise qualité. Pourtant, les jeunes et les adultes sont très familiers de la consommation d’alcool. Apparemment, nombreux sont les gens qui trouvent que celle-ci est moins problématique ; à tort, car elle est aussi mauvaise pour la santé et aussi risquée. Les jeunes sont curieux par nature, et ils sont nombreux à tester les drogues illégales. De nos jours, l’effet dissuasif de l’interdiction pénale est à peu près nul. Par contre, elle a un effet de stigmatisation sur les personnes qui consomment des drogues, ce qui fait que les jeunes cachent davantage leur consommation.

Pour le reste, l’interdiction des drogues favorise activement la marginalisation des personnes vulnérables. C’est une politique qui stigmatise et discrimine les personnes qui consomment des drogues (et parmi elles surtout les pauvres, les femmes, les jeunes et les minorités ethniques). Même si les Belges et les personnes d’origine étrangère consomment environ autant, ces dernières sont arrêtées, poursuivies et emprisonnées plus souvent pour des faits liés aux drogues. Et quoique les personnes vivant dans la pauvreté n’aient pas plus de probabilité de consommer du cannabis que le reste de la population, celles-ci ont pourtant plus de risques de subir des conséquences négatives liées à leur consommation.

Enfin, les autorités pourraient investir l’argent qui est actuellement dépensé en répression dans une politique de prévention. Les moyens actuellement investis dans la prévention sont quasi nuls. Pourtant, la recherche scientifique démontre que chaque euro qui est dépensé en prévention génère plusieurs euros d’économies en aval. L’argent que nous dépensons aujourd’hui en tactiques répressives, nous ferions mieux de l’investir dans des campagnes d’information bien conçues (qui attirent l’attention sur les conséquences de l’usage) et dans des projets de prévention bien ciblés.

Le collectif SMART on Drugs

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